Item : Lettre de l'intendant Gilles Hocquart au ministre au sujet des forges du Saint-Mauri...
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Lettre de l'intendant Gilles Hocquart au ministre au sujet des forges du Saint-Maurice - a, après la démission des associés, confié la direction de l'entreprise à Guillaume Estèbe: ne pouvait la laisser à Vézin, ni à Simonet père; a choisi Jean-Baptiste Simonet "pour suivre les ouvriers et leur faire exécuter ce qui sera ordonné"; a d'abord songé à confier l'exploitation des forges à (François) Chalet "mais, ses affaires l'appelant en France," il n'a pu le retenir: ce particulier serait plus propre que tout autre à administrer les forges si on était forcé d'en faire faire la régie pour le compte du roi; on ne peut espérer qu'il se forme une autre compagnie au Canada ("les fortunes y sont trop bornées"); s'est assuré "de tous les fers que le sieur Olivier a envoyés à Québec cet automne, il en a été embarqué sur le vaisseau du roi 100 milliers...; détails sur l'état des bâtiments, les recettes et les dépenses des forges (l'excédent des dépenses), les sommes dues au roi et les comptes de Cugnet, Vézin, Gamelin et Simonet père; réclamation de Mme Duplessis; "il y a eu bien des faux frais" comme, par exemple, "ceux faits pour faire venir de France à différentes reprises des ouvriers" qui ont été oisifs pendant des années entières; tout recours contre Vézin serait inutile puisqu'il n'a rien (ses associés "l'accusent de négligence dans sa gestion"); "Cugnet paraît (être) le seul qui se soit sacrifié pour le soutien de l'entreprise...il y a employé une partie assez considérable de ses fonds et son crédit par des emprunts en son propre et privé nom": malheureusement, "il a employé une partie des fonds de la caisse du Domaine" (détails); Simonet père a demandé la permission de passer en France et Vézin veut en faire autant; il paraît nécessaire de faire "un second fourneau à quelques arpents au-dessus de celui qui est déjà construit" (raisons); les mouleurs amenés par Vézin l'année dernière "n'ont pu réussir à faire aucun ouvrage de leur métier soit par la jalousie du maître fondeur ou par son ignorance"; il serait bon d'avoir un second maître fondeur et un maître de forges habile et expérimenté; "il faudrait un martinet (et) une fenderie"; il faut absolument qu'il y ait des fonds d'avance (au moins 80 000 l.) pour l'exploitation; pense qu'il serait possible de trouver une compagnie en France (la Compagnie des Indes?) si on ajoutait "au privilège de l'exploitation des mines le commerce exclusif (dans la colonie) de toutes les espèces de fer, acier, clouterie, poêles et plaques de poêle et plombs en balles et en grains" (détails): Estèbe et Chalet ne voient aucun inconvénient à un tel projet (le ministre pourrait consulter Laporte de Lalanne à ce sujet); observations sur le projet d'exploitation élaboré l'année dernière par les maîtres de forges et leurs associés; "si les forges rendent 600 milliers de fer suivant l'ancien projet, l'établissement pourra rendre 12 à 15 000 l. de profit net"; pense que le manque d'argent est la principale raison du peu de succès de l'entreprise jusqu'à présent; "les ouvriers, mécontents des paiements qu'on leur a faits en marchandises, se sont dégoûtés, ensuite mutinés, l'insubordination et la mauvaise volonté ont régné"; on peut ajouter à cela "les mécontentements réciproques des associés et le peu de concert qu'il y a eu entre eux.
Lieu de rédaction : Québec
Français
1741, octobre, 20
Archives nationales d'outre-mer (France)
COL C11A 112/fol.2-27, CABAC_PIAF_61829_CABAC_PIAF_61829
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