Item : Lettre de Hocquart au ministre - les bâtiments arrivés, à l'exception de la Déesse, ...

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Lettre de Hocquart au ministre - les bâtiments arrivés, à l'exception de la Déesse, ont apporté surtout des munitions de guerre et des liqueurs et tout au plus pour 30 à 40 000 l. de marchandises sèches (détails); l'arrivée de la Charmante Nanette a rassuré tout le monde au sujet de l'escadre du duc d'Anville: le départ précipité de l'Aurore et du Castor et la prétendue nouvelle du blocus de l'escadre par celle de l'amiral Martin avaient "quasi fait perdre toute espérance"; malgré ses efforts pour économiser, les dépenses ont été immenses: achats à grand frais de munitions pour les partis de guerre, entretien de 8 à 900 Indiens de l'Acadie (ou de domiciliés) réfugiés dans le gouvernement de Québec, entretien de 80 prisonniers, accueil des Indiens des pays d'en haut descendus à Montréal (dépenses de Michel de La Rouvillière); on s'est défait assez avantageusement des huiles provenant de la traite de Tadoussac; à cause du manque de marchandises de traite, on n'a reçu aucune offre pour un nouvel affermage de cette traite: a seulement chargé le fermier (Cugnet) d'envoyer de la poudre et quelques menues munitions dans ses postes; les postes des pays d'en haut n'ont pu être équipés convenablement; ils l'avaient été passablement l'année dernière et les retours ont été plus abondants qu'on ne l'espérait; compte qu'il sera reçu près de 180 milliers de castors; la pêche du loup marin dans le bas du fleuve a produit à peu près autant d'huile que l'année dernière mais peu de pelleteries; se conformera aux ordres touchant les instructions à donner aux commandants des vaisseaux du roi; rend compte de l'incendie du magasin de la potasse (détails): perte des toiles à voile et de la garniture des poulies de la Martre, incarcération de quatre ouvriers soupçonnés d'imprudence, réparation de ce bâtiment; tout Québec a failli y passer; pour prévenir de pareils accidents, il fait construire une maison pour y loger un gardien; a rendu une ordonnance en 1740 défendant aux personnes employées dans les ateliers de construction de "prendre du tabac en fumée" mais "la passion que les gens de ce pays-ci ont pour cet amusement ne peut s'abolir qu'en établissant d'autres peines": propose une ordonnance pour étendre ces peines jusqu'à celle des galères et pour faire juger les accusés par le conseil de guerre.
Lieu de rédaction : Québec

Français

1746, septembre, 18

Archives nationales d'outre-mer (France)

COL C11A 85/fol.309-315v, CABAC_PIAF_49757_CABAC_PIAF_49757

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