Item : Lettre de La Jonquière au ministre - a rendu une ordonnance pour arrêter les contrav...

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Lettre de La Jonquière au ministre - a rendu une ordonnance pour arrêter les contraventions "aux défenses insérées dans les congés, éviter que les fermiers et voyageurs n'anticipent point les uns sur les droits des autres, mettre fin aux coureurs de bois, remédier au commerce que certains voyageurs font avec les Anglais et enfin dégoûter les nations sauvages dudit commerce"; a tenu une assemblée à ce sujet avec les négociants de Montréal: "les plus raffinés dans le commerce des pelleteries ont formulé des objections à propos de chaque article, les plus opulents ont soutenu que les postes devaient être affermés, tous ont demandé une diminution du prix des congés ajoutant que le manque de draps risquait d'éloigner les Indiens; a décidé de faire "partir leurs canots en plusieurs convois sous le commandement des officiers qui faisaient la même route": ils ont tenté de se soustraire à cette obligation (détails); a aussi rendu une ordonnance pour empêcher le commerce étranger; cette ordonnance et l'exemple fait avec les demoiselles Desauniers leurs comparses ont fort dérangé les négociants: c'est en grande partie par ce commerce illicite qu'ils se sont enrichis (détails); en outre, "indépendamment des expéditions qu'ils font pour leur compte, (ils) équipent les voyageurs, ils leur passent...les marchandises à 20 et 25 pour cent de plus que le bénéfice ordinaire de Québec", ils les obligent de remettre en paiement leurs pelleteries "sur lesquelles ils gagnent 25 à 30 pour cent en les vendant à Québec"; à l'arrivée du navire de la compagnie, a fait expédier à Montréal des pièces de drap anglais permettant aux négociants de les envoyer à Détroit, ce qu'ils n'ont pas fait parce qu'il y en avait déjà de rendu dans ce poste: en effet, tandis qu'ils se plaignaient du manque de draps, "celui d'Angleterre était chez eux" et ils l'avaient fait passer dans les postes du sud à son insu; les chefs indiens du Sault-Saint-Louis ont promis de dénoncer les Français qui emploieraient leurs gens pour la contrebande; recommande que la compagnie envoie plus de drap, qu'il soit aussi beau que celui des Anglais, qu'on le vende à meilleur marché et qu'on augmente le prix du castor.
Lieu de rédaction : Québec

Français

1750, septembre, 29

Archives nationales d'outre-mer (France)

COL C11A 95/fol.260-265, CABAC_PIAF_59576_CABAC_PIAF_59576

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