Item : Mémoire envoyé par Denonville concernant "l'état présent du Canada et les mesures qu...
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Mémoire envoyé par Denonville concernant "l'état présent du Canada et les mesures que l'on peut prendre pour la sûreté du pays" - les habitations sont trop éloignées les unes des autres: chacun veut être "à la tête de tous pour avoir le plus de pelleteries"; s'opposera à ce qu'on s'établisse au-delà des habitations éloignées; absence de fortifications dans la colonie: de Rivière-du-Loup à la Pointe de l'île de Montréal il n'y a pas un endroit pour se mettre à couvert des ennemis; Trois-Rivières est "fermé de hautes palissades sans portes ou barrières, sans flancs que deux grandes guérites... ouvertes et imparfaites"; sur l'île de Montréal il n'y a apparence de réduit que chez les Indiens de la Montagne; nécessité de peupler cette île pour protéger toute la colonie contre les descentes ennemies; il faudrait que les Sulpiciens construisent 2 ou 3 moulins et 2 églises pour y attirer des habitants et voir à ce que la traite ne se fasse que dans la ville; puissance des Iroquois assurée par la pratique de l'adoption et par l'achat d'armes et de munitions chez les Anglais; mentionne les effectifs des diverses nations iroquoises; situation avantageuse du fort Frontenac qu'il faut mettre en meilleur état de défense; propose de se rendre maître des lacs Erié et Ontario en y occupant des postes: ça favoriserait le commerce français (communication avec Michillimakinac) au détriment de celui des Anglais et permettrait de tenir les Outaouais et les Illinois dans l'obéissance; les Indiens alliés sont mécontents depuis l'expédition de La Barre; mais pour humilier et anéantir les Iroquois, on a absolument besoin de leur aide; ordres expédiés à Tonty, La Durantaye, Dulhut pour s'assurer de l'appui des alliés (Outaouais, Illinois et autres) qui pourraient se rassembler à Niagara; assurances données par La Forest qui est parti rejoindre Tonty; raisons pour lesquelles il ne peut songer à une expédition contre les Iroquois l'année prochaine: faut raccommoder les alliés qui se font la guerre (compte sur La Durantaye et Enjalran), les bons hommes qui sont chez les Outaouais ne reviendront que l'été prochain; tâchera de ménager les Iroquois en attendant et laisse continuer les négociations d'un Onontagué; préparatifs pour la guerre: on prépare des planches pour cent bateaux, on enverra des provisions au fort Frontenac l'an prochain (problèmes de transport), ce poste pourra fournir 4 ou 500 minots de pois; commandement confié à d'Orvilliers à Cataracoui: a prié les Jésuites d'y mettre le père Millet; a promis sa protection aux Illinois; pénétration des Anglais en Acadie: ils y pêchent, commercent avec les Acadiens dont ils prennent les pelleteries; établissements anglais de la baie d'Hudson: risquent de s'accaparer tous les castors gras des Indiens du Nord et même la plus grande partie des pelleteries qui viennent à Montréal par les Outaouais et qui proviennent des Assiniboines et autres nations voisines; propose donc de chasser les Anglais de cette baie ou encore de soutenir la Compagnie du Nord en lui accordant quelques vaisseaux bien armés en guerre; propose aussi d'acquérir la Nouvelle-York du roi d'Angleterre: on serait alors maître des Iroquois.
Français
1685, novembre, 12
Archives nationales d'outre-mer (France)
COL C11A 7/fol.178-186v, CABAC_PIAF_29332_CABAC_PIAF_29332
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